Le concept de «maison passive» qui définit la "très basse consommation", en chauffage, émergea en Allemagne, il y a une trentaine d’années. Il est développé actuellement par l’Institut de la Maison Passive (Passivhaus Institut, PHI)PHI logo ., à Darmstadt.


Ce concept est fondé sur la production du chauffage pour une maison par les seuls apports thermiques suivants :

- la chaleur émise par ses occupants,
- la récupération de l'énergie solaire,
- la chaleur émise par les différents équipements électriques domestiques,
- la récupération des thermies sur l'air vicié extrait.

Donc par des moyens de production d’énergie passifs d’où cette étrange appellation de «maisons passives».


Ce concept implique une très forte isolation et une étanchéité drastique de l’enveloppe de l’habitat. Pour l'institut de la Maison Passive, pour consommer le moins possible, il faut en tout premier lieu réduire au minimum les besoins de chauffage! C'est un point essentiel qui le distingue de la logique d'Effinergie dont les critères de labelisation BBC peuvent être satisfaits par un ajustement entre niveaux de besoins de chauffage et méthode de production de celui-ci.

Mais comme il faut bien que les occupants puissent respirer sainement, le concept s’accompagne obligatoirement d’une ventilation mécanique contrôlée. Pour pouvoir récupérer des calories sur l’air chaud rejeté, cette ventilation est à double flux avec échangeur thermique entre l'air neuf insufflé et l'air vicié expulsé (la VMC 2 flux joue ainsi un double rôle : ventilation et préchauffage).
NB. En période chaude, ce système permet de rafraîchir l'air ambiant !



Dans la théorie de ce concept, il ne devrait pas y avoir de production « active de chauffage », le concept supposant la suppression d'une installation de chauffage classique. Dans la pratique, pour que cela soit possible, il faudrait que la disponibilité d’énergie passive intervienne en temps et en quantité correspondants aux besoins et que les capacités financières des acquéreurs permettent d’acheter des maisons à des prix beaucoup plus élevés 


Aussi, a été définie comme "passive" une maison dont déperditions thermiques nettes restent inférieures à 15 KWH/m2/an (kilowattheure par mètre carré de surface habitable et par an), soit les déperditions de l'enveloppe thermique du logement moins la récupération par l'échangeur de la ventilation double flux, la production de chauffage restant limitée à un chauffage d’appoint!
Cette valeur n'est pas arbitraire, elle a été calculée et expérimentée pour conférer aux maisons passives le confort maximal. Elle correspond à l'énergie maximale que l'air peut absorber et restituer dans des conditions optimales d'hygiène et de confort. Outre leur faible consommation d'énergie, les maisons passives sont donc aussi des lieux de vie où le confort est optimal ! On s'y sent encore mieux que dans des maisons "où on est (seulement) bien au chaud!".

Différents systèmes de chauffage d'appoint sont envisageables :

- la solution la moins coûteuse fera passer la consommation finale (celle que l'usager paie) un peu au-dessus de ces  15 KWH/m2/an,

-  la plus performante réduira la consommation finale à preque rien, elle permettra de réduire la consommation finale au tiers environ mais son coût d'investissement sera sensiblement plus élevé,
 
(voir schéma dans onglet "mise en oeuvre)


Grâce à l'évolution des techniques, ce concept est, 
déjà  depuis plusieurs années, pleinement validé par la réalisation de quelques milliers de maisons et d'immeubles en Allemagne, Autriche, Suisse, en Scandinavie...  !


L’installation éventuellede panneaux solaires photovoltaïques (2m2 avec leur rendement actuel) permet  de rendre le système de chauffage d'appoint autonome (en quantité mais non en temps réel) !


Reste le chauffage pour l’eau chaude sanitaire (ECS) et l’électricité pour les appareils électroménagers et audio-vidéo...

Avec le rajout de capteurs solaires et de cellules photovoltaïques,
sur grosso-modo la moitié d'une toiture, une "maison passive" devient "positive" (soit une maison qui, globalement, produit au moins autant d'énergie, voire un peu plus, qu'elle n'en consomme).

La réalisation d'une "maison positive" implique d'ailleurs de réaliser d'abord une "maison passive", sinon le surcoût est prohibitif !



NB :
Le concept de "maison passive (PHI)" prend en compte également l'ensemble des énergies consommées dans un logement dont la consommation totale d 'énergie primaire  ne doit pas dépasser 120 Kwh/m2/an :
- chauffage (il en faut un minimum),
- eau chaude sanitaire (ECS),
- éclairage.
 - électro-ménager, audio-vidéos...,


Pour plus d'informations :

- http://www.lamaisonpassive.fr/spip/spip.php?article22
- http://www.asder.asso.fr/httpdocs/documents/BatimentPassif_19mars09_def_reduite.pdf